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La baisse des taux suffira t’elle à éviter la récession ?



La baisse des taux suffira t’elle à éviter la récession ?
Lors de la dernière réunion de la FED le 7 août, Ben Bernanke n’avait ni baissé les taux d’intérêts ni même envisagé de le faire. Ce jugement sans appel fut suivi par deux jours de panique baissière sur le marché avec un Dow Jones qui abandonnait brutalement 387 points, démontrant une perte de confiance des analystes dans la capacité de la FED à résorber la crise du subprime.
En annonçant le 18 septembre une baisse des Fed funds de 0.50% à 4.75%, Ben Bernanke a surpris son monde. Lui qui tonnait début septembre qu’il n’était pas là pour voler au secours des spéculateurs imprudents a apporté du baume au coeur de tous les investisseurs (spéculateurs imprudents inclus).
On peut cependant se poser la question de l’efficacité de cette mesure. Malgré l’euphorie des bourses mondiales ayant succédé à cette annonce, l’action de la FED suffira t’elle à endiguer le risque de récession ?
Rien n’est moins sûr.
Il y a peu de chance qu’une baisse des taux provoque un rebond durable. La crise du subprime est l’arbre qui cache la foret : celle d’une bulle immobilière qui se dégonfle inexorablement et qui aura des effets déflationnistes qui vont s’étaler dans le temps. Pourquoi ?
Avec un taux directeurs ramenés à 4.75% , des millions de ménages américains vont pouvoir souffler : leurs échéances de crédit ne devraient pas exploser (voir l’exemple de cette retraitée endettée menacée d’être expulsée. Il n’en demeure pas moins que ce marché des subprime constitue une véritable bombe à retardement : les créances « pourries » vont se multiplier. Bank of America estime que plus de 400 milliards de dollars en prêts très risqués et aujourd’hui remboursés à taux fixes vont passer à taux variable au cours des 12 prochains mois. Sur l’ensemble de ces prêts, combien pourront payer des échéances renchéries dont le taux ajusté atteint, suivant les profils de risque, jusqu’à 18% !
Les liquidations « foreclosures » vont certainement se multiplier à travers le pays. Si cela profite à un petit nombre d’audacieux investisseurs, cela conduit invariablement à impacter négativement les prix de l’immobilier, ce qui ralentit la consommation et la croissance. En effet, les américains ont pris l’habitude de considérer leur maison comme une réserve de cash disponible puis qu’il est possible à partir du prix de son habitation de se refinancer (re-mortgage). Ce crédit hypothécaire rechargeable, envisagé un temps par notre nouveau président, permettait donc de dépenser davantage. Avec la crise actuelle, beaucoup vont se retrouver pris dans un effet ciseau : des échéances de prêt alourdies et une valeur de la propriété qui diminue, parfois en dessous de la valeur du prêt, interdisant tout refinancement.
Dans ces conditions, la population réduit drastiquement sa consommation. Avec un consommateur US qui fait grise mine, c’est au final toute l’économie mondiale risque d’en pâtir.


prévisions bank of america
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Jeudi 20 Septembre 2007
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