Crise bancaire mondiale : comment en sortir?



Crise bancaire mondiale : comment en sortir?
Face au scénario catastrophe d’une crise bancaire mondiale, force est de constater que la FED ne reste pas les bras croisés : en baissant massivement ses taux directeurs de 300 points de base en 6 mois, en injectant massivement des liquidités en coopération avec les autres banques centrales, en organisant le sauvetage d'une grande banque pretigieuse acculée à la faillite (Bear Stearns)...
Mais ces interventions seront elles suffisantes pour eviter le pire?
A en juger par la chute continue des marchés financiers à travers le monde, l'intervention de la Banque centrale (FED) semble faire long feu. Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure. Comment?
Bien que l'Etat rechigne à agir de la sorte, son intervention sera de plus en plus necessaire pour sortir de la crise financière. Le politique ne peut rester en spectateur en pretextant que le marché est en train de purger ses excès. Il lui faut intervenir de manière rapide et efficace. Ce ne serait pas une première aux Etats Unis. Dans les années 1930, une agence fédérale ad hoc (la Home Owners’ Loan Corporation) avait ainsi racheté et refinancé les prêts hypothécaires, tandis qu’était créée la Reconstruction Finance Corporation (RFC) pour soutenir la recapitalisation des banques.
Plus proche de nous, la crise des caisses d'epargne (Savings and Loans) avait déjà été résolu par une injection massive de 150 milliards de dollars d'argent public. et sous une administration républicaine.
La solution?
Barney Frank, le président de la commission des services financiers à la Chambre des représentants, milite depuis des mois en faveur d’un plan gouvernemental de renflouement des crédits hypothécaires. Il n’est pas le seul. La BANK OF AMERICA, entre autres, a récemment proposé de créer une agence publique spéciale («Federal Homeowner Preservation Corporation»), qui rachèterait par dizaines de milliards de dollars des crédits hypothécaires.
L'Etat a t'il le choix?
Faute d'enrayer la dégringolade des prix des logements et la montée des défauts de paiement, la crise ne pourra que se durcir en se doublant d'une crise sociale : des centaines de milliers de personnes ne pouvant plus payer leur emprunt seront contraintes à quitter leur logement déprimant encore plus des économies locales déjà dévastées.

Honni du vocabulaire américain, l'interventionnisme étatique pourrait faire un retour en force. "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme..." L'aphorisme de Rabelais se prête aussi bien aux démiurges de la finance moderne. Leurs dérapages faute d'être encadrés, en dernier ressort, par la puissance publique , pourraient conduire à un désastre sans précédent.


Jeudi 20 Mars 2008
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